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  • "Be with me" d'Eric Khoo

     

    Coup de coeur pour ce film singapourien qui pose les questions de la communication entre les êtres avec un regard nouveau. Les outils de communication technologiques tel que le téléphone portable ou le chat sur Internet fonctionnent comme autant de nouveau carton qui semble renouveler le genre d’un cinéma « muet ».

    Peu de paroles échangées en dehors des modes écrits. L’écriture se substitue à la parole dans la mise en scène des destins et les relations de différents individus. On sent un renouveau de l’écriture silencieuse. Dans le film, les individualités ne parlent pas, ils hurlent. Des  hurlements qui s’expriment par texto et salons de discussion interposés. Des hurlements dans le silence : la multiplication des modes de communication ne semble que faire augmenter les nouvelles difficultés de communication entre les êtres. Trop de communication tue la communication.

    Les hurlements de ces individus dont les destins se croisent et parfois se heurtent sont mis en scène d’une manière froide et clinique. La violence du monde et la difficulté de ses relations trouve un nouveau souffle avec la froideur de l’image HD et une photographie très soignée et précise. De véritables tableaux modernes. Les gros plans sur les visages avec la précision des traits et les longues mises en scène de scène de repas semblent répondre encore à la mélancolie ambiante de l’ensemble des personnages.

    Chaque individu semble enfermé dans ses angoisses et ses psychoses. Le choc entre les êtres est trop fort. Ils ne peuvent que se heurter. L’image numérique « à plat » semble répondre à la platitude de ces relations.

                Des hurlements dans le silence dont la catharsis s’expriment sous les traits d’une vieille femme sourde et muette. Rassemblant ses destins différents autour d’elle, elle semble en faire la synthèse à travers son témoignage et les lettres qu’elle écrit.

                Renouveau des modes d’écriture dans un film. Présentation nouvelle des technologies et des individualités des sociétés modernes d’aujourd’hui, « Be with Me » représente tout cela et c’est pour cela qu’il touche vraiment à des thématiques du cinéma d’aujourd’hui. La vie y transpire et semble vouloir exploser mais elle demeure contenue par une froideur qui donne tout la violence psychologique de l’ensemble. Un beau film vraiment d’aujourd’hui.

  • "L'enfant" de Luc et Jean Pierre Dardenne

    Comment passer à côté de la palme d'or 2005 du festival de Cannes? Aimant également les univers réalistes d'auteurs comme les Dardennes, Ken Loach, Bruno Dumont, Laurent Cantet... je suis donc aller voir 'L'enfant"

    Verdict : une deuxième palme d'or méritée. La direction d'acteur (souvent non pro) de ses deux frères est vraiment un point fort. Jérémy Rénier (révélé par "La promesse") est vraiment convaincant dans ce rôle de père "dépassé par sa paternité" et qui décide de "vendre son enfant." La révélation de la mère ( Déborah François) est aussi la bonne surprise pour cette jeune comédienne de 19 ans.

    Certains penseront qu'avec un jury dirigé par Emir Kusturica et avec notamment Agnès Varda, il n'est pas étonnant que ce film est obtenu la palme d'or. D'autres considéreront que quelques années après "Rosetta", une deuxième palme, ça fait beaucoup.

    Loin de ses contreverse, je pense que cette reconnaissance d'un cinéma de "réalisme social" initié par des auteurs comme les dardennes est bénéfique pour la diversité culturelle du cinéma européen face notamment à la commercialisation grandissante et à l'industrie des blockbusters américain.

    Film difficile mais toujours intéressant. Le cinéma c'est ça aussi. Faire bouger le spectateur. A voir absolument.

  • "Les frères Grimm" de Terry Gilliam

    Sept ans se sont écoulé depuis le tournage catatrophe de "Lost in la Mancha" et Terry Gilliam a sans doute eu du mal à s'en remettre !

    Avec "Les frères Grimm", il nous propose un conte. L'univers visuel du film est très puissant. On entre de plein pied dans un "ailleurs"... des effets stupéfiants, des décors très réussi...une interprétation qui tient la route.

    j'aime particulièrement les univers visuels très fort. Cependant, je n'ai pas retrouvé la démarche absurde de "L'armée des douze singes" ou de "Brazil" auquel l'ex monty python m'avait habitué... Un peu déçu de ce point de vue, je sort de la salle en pensant : bon divertissement.