11.11.2008

le pacte fragile

Bonjour à tous et toutes, visiteur (ses) de ce blog. J'ai décidé ici de publier un extrait d'un texte que j'ai écrit pendant mes tournage et qui, aujourd'hui, me semble intéressant de donner ici. C'est un extrait d'une réflexion plus poussée qui me semble fondamentale dans ma démarche artistique.

J'espère que pour les visiteurs virtuels de cette page, elle aura un intérêt. 

Barton

"Quand le cinéma s’invente avec son public, il peut à ce moment s’inventer son public. Enfin pour moi c’est plus facile à dire qu’à faire. Et puis est-ce bien possible encore quand le travail de film documentaire se trouve la plupart du temps phagocité par la télévision ? Nous voilà condamnés à devoir mettre entre parenthèses le dispositif de monstration ou plutôt penser à une hypothétique et allégorique “salle de cinéma- salle de classe-salle de séjour-chambre à coucher”. A mettre entre parenthèse son support (pellicule, vidéo, numérique). Seule réponse honorable : espérer le public (je ne parle pas d’audimat), le penser par évocation personnelle du rituel cinématographique. Pour moi là est l’usage actuel du documentaire : je veux dire celui qui commande sa nécessité. Cette résistance à l’environnement devient un des objets du cinéma, du fait même de l’utilisation du désir de cinéma par la télévision. Mettre en scène la résistance à l’environnement médiatique et ses normes, ses codes et ses clichés ; la faire partager dès l’élaboration du film (sans complaisance à l’autre, le filmé), comme une nécessaire contagion. C’est ce qui m’a séduit dans la démarche obligée de documentariste photographe. Obligée par le marché. Obligée plus sûrement par les incessants va-et-vient entre les lieux où je photographie, les lieux où je filme, les lieux où je montres, et très souvent aux photographiés ou les filmés directement. La photo et le film comme cosmogonie portative, mais concrètement. Car je vois dans cet aveu de transformation comme une évidence conquise sur tes propres réserves : l’oeuvre et ses réserves."

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