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  • De cette terre

    De cette terre, je fouille

    De cette terre de labeurs, de souffrances et de joies

    Je fouille le sol de mes mains écorchées

    A travers cette terre aujourd’hui désertée

    Et du profond de mon errance

    Sur cette terre je trouve ma chance

    Celle des regards, des coeurs et des combats

    Celle qui nous dépasse, celle qui ne triche pas

    Celle qui est au-delà de moi-même

    Dépassant et détruisant mon corps

    Celle de l’étreinte éternelle

    Celle qui dépasse la mort

    Cette terre on l’appelle

    Désir et volonté

    Deux mots si commun et si frêles

    Qu’on en oublie le signifié

    Ces mots si simples s’appellent

    Amour et solidarité

  • le pacte fragile

    Bonjour à tous et toutes, visiteur (ses) de ce blog. J'ai décidé ici de publier un extrait d'un texte que j'ai écrit pendant mes tournage et qui, aujourd'hui, me semble intéressant de donner ici. C'est un extrait d'une réflexion plus poussée qui me semble fondamentale dans ma démarche artistique.

    J'espère que pour les visiteurs virtuels de cette page, elle aura un intérêt. 

    Barton

    "Quand le cinéma s’invente avec son public, il peut à ce moment s’inventer son public. Enfin pour moi c’est plus facile à dire qu’à faire. Et puis est-ce bien possible encore quand le travail de film documentaire se trouve la plupart du temps phagocité par la télévision ? Nous voilà condamnés à devoir mettre entre parenthèses le dispositif de monstration ou plutôt penser à une hypothétique et allégorique “salle de cinéma- salle de classe-salle de séjour-chambre à coucher”. A mettre entre parenthèse son support (pellicule, vidéo, numérique). Seule réponse honorable : espérer le public (je ne parle pas d’audimat), le penser par évocation personnelle du rituel cinématographique. Pour moi là est l’usage actuel du documentaire : je veux dire celui qui commande sa nécessité. Cette résistance à l’environnement devient un des objets du cinéma, du fait même de l’utilisation du désir de cinéma par la télévision. Mettre en scène la résistance à l’environnement médiatique et ses normes, ses codes et ses clichés ; la faire partager dès l’élaboration du film (sans complaisance à l’autre, le filmé), comme une nécessaire contagion. C’est ce qui m’a séduit dans la démarche obligée de documentariste photographe. Obligée par le marché. Obligée plus sûrement par les incessants va-et-vient entre les lieux où je photographie, les lieux où je filme, les lieux où je montres, et très souvent aux photographiés ou les filmés directement. La photo et le film comme cosmogonie portative, mais concrètement. Car je vois dans cet aveu de transformation comme une évidence conquise sur tes propres réserves : l’oeuvre et ses réserves."

  • La vie moderne de Raymond Depardon

    Patience, écoute, détermination, effacement. C'est toujours les mots qui viennent tout de suite à l'esprit quand on parle du cinéma de Raymond Depardon. 
    Grand photographe et grand maître du cinéma documentaire, il sort cette semaine "La vie moderne" récit d'immersion étalé sur plusieurs années dans le monde des paysans de régions de France accidentée (Lozère, Haute Loire...).

    Le résultat de ce film est tout simplement magnifique de sincérité et, une première dans l'idée "d'objectivité" défendue habituellement par le cinéaste, il est également intimiste.

    Depardon parle de lui dans le film en faisant parler ces paysans isolés dans des fermes reculées. Il parle de son enfance dans ce monde là, de son père agriculteur qu'il regrettera longtemps de n'avoir pas pû filmer.

    C'est cette jonction entre son intime rapport avec ses paysans et ce monde là qui évite tout folkore au film et qui en fait certainement une des plus grande oeuvre de cinéma documentaire de cette année. Un cinéma documentaire de création où le cinéaste nous parle également de lui et nous touche par ce biais.

    Film de cinéma a la réussite technique indéniable (le 35 mm scope en une prise est le fer de bataille du photographe-cinéaste), c'est aussi un portrait touchant d'un monde évoluant dans un autre temps que le notre.

    Dans ce monde, le cinéaste ne cache pas la nostalgie et le goût amer mais il exprime surtout un grand amour pour la terre, pour ses gens... et pour le cinéma.

    A voir absolument.