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  • Atelier-rencontre avec le cinéaste Bruno Dumont

    Ce lundi 19 octobre, j'ai eu l'occasion de voir en avant-première le nouveau film de Bruno Dumont "Hadewich" en présence de l'auteur et de l'actrice principale. Film troublant sur la foi radicale et extatique d'une jeune femme, oeuvre plus posée, moins violente et plutôt poétique et métaphysique pour l'auteur de "L'humanité", "Twentynine Palms" et "La vie de Jésus". Ce cinéma ne laisse pas indifférent.

    L'éclairage du lendemain ce mardi 20 octobre a permis de comprendre plus en détail la méthode de travail de cet homme singulier, philosophe de formation, professeur de philo avant de devenir réalisateur de films d'entreprises pendant 10-15 ans et finalement auteur-réalisateur.

    La rencontre fût intéressante et suivie par de nombreux professionnels de la région. Etant au départ plutôt très critique sur ce cinéma, je me suis surpris à l'apprécier et à comprendre la démarche de l'homme qui reste toujours aux environs de Bailleul, sa ville natale.

    Cinéaste du territoire mais pas du terroir nordiste, il ne répond pas à des principes moraux ou politiques du cinéma et réfute l'idée de représenter la région, de faire du patrimoine. Il fait un cinéma singulier, globalement libre, affranchi. Par les temps qui courent et la prolifération des images, c'est suffisamment rare pour être souligné.

    Barton 

  • Atelier "Médias crisis" en cours de développement

    Récemment diplômé, j'ai enfin terminé mes études. Mon master "dialogue des arts" obtenu haut la main après une année de travail (mon mémoire a eu la note de 18/20 - moyenne de 15,6 au Master), je relis quelques notes, et pose une nouvelle fois une réflexion sur l'image, le temps et la société d'aujourd'hui.

    L'image est partout. C'est presque enfoncer une porte ouverte que de le constater. Pourtant l'image qui détermine dans un temps un regard sur nous-même par un jeu complexe des réflexions et émotions est aussi quelque chose qui s'apprend. Bien plus, l'image est aussi un vecteur de nos comportements. C'est une évidence que la publicité a comprise depuis bien longtemps.

    Face à une captation des désirs (comme le précise plus avant le philosophe Bernard Stiegler), le capitalisme a créer un désenchangement du monde en faisant notamment admettre que l'image apparaissait toujours comme "pour elle même", une évidence contemporaine qu'il ne se construit pas, ne véhicule pas de comportements. Une évidence fausse... Elle est permanente et omniprésente. (par les médias notamment), sa compréhension et son analyse est absente de l'espace public.

    Or, il y a des écoles (de communication, de cinéma, de journalisme... qui ne font pas toutes le même travail à l'endroit de l'image), il y a une histoire des images, il y a des processus techniques (qui changent aujourd'hui de manière de plus en plus rapide avec notamment la révolution numérique).

    Mais bien au-delà, encore en résistance, et presque oublié par le discours ambiant sur les images, il y a des hommes et des femmes, des temps humains, des sensibilités, des temps aussi, voulus comme tels par des "artisans de l'image" parfois bien loin des grandes "industries culturelles" et qui agissent comme l'épicier face au supermarché... Ce sont des photographes, des cinéastes par exemple.

    Ils savent que faire une image n'est donc pas quelque chose d'anodin. Et l'image voulu par un homme ou une femme, vécu comme telle, puis exposée au public est une image qui a fait en elle-même un processus de temps pour devenir image, pour advenir à l'oeil. C'est toujours vrai même avec la facilité apparente du numérique aujourd'hui.

    Dans mon idée de réintroduire un discours de l'image articulé avec des problèmes contemporains, j'ai construit notamment mes films et notamment mon film "Le phénix" qui dresse le parcours d'individus artistes de l'image. (chacun à sa manière singulière)

    L'image comme résultat d'un acte créateur est donc, comme le mot pour l'écrivain, une tentative de résistance à la globalisation par l'affirmation d'un singularité, d'une identité, d'un parcours, d'un goût, bref, d'une sensibilité.

    Mais par ailleurs, l'image se construit et s'enseigne. Non pour former directement des artistes mais pour au moins débattre sur la responsabilité citoyenne de l'image.
    Face à ces enjeux, les médias me semblent particulièrement responsables.

    Aussi, mon diplôme en poche, j'ai lu le livre du cinéaste et critique des médias Peter Watkins : "Médias crisis" et j'en suis arrivé à l'idée qu'il fallait réinventer un atelier autour de la critique des médias. Une chose qui se développe beaucoup sur Internet par certains canaux médiatiques alternatifs mais qui ne trouve encore que très peu d'échos parmis un public plus large.

    Comment faire ? J'ai rédigé une proposition d'atelier dans un dossier de quelques pages, (avec biographie et CV) et je me suis présenter devant le maire de ma commune pour proposer de monter un atelier comme intervenant au théâtre du village. (j'ai la chance d'avoir un théâtre dans mon village).
    L'élu s'est montré intéressé de l'initiative mais s'est retranché derrière le fait que le théâtre est en rénovation en 2009-2010 et qu'un tel atelier, s'il serait possible, ne pourrait se mettre en place qu'à partir de septembre 2010.
    Patient, j'ai été renvoyé à mon idée, avec pourtant un regard sérieux sur mon dossier et une promesse de "débloquer des fonds" pour une initiative avant tout citoyenne de volonté de présenter des débats et des réflexions critiques sur les médias dominants aujourd'hui.

    L'affaire est à suivre...

     

    Quelques références bibliographiques sur l'image, les comportements, la télévision :

    "Prendre soin de la jeunesse et des générations" Bernard Stiegler

    "Scénarios du réel" Tome 1 et 2 Gérard Leblanc

    "Aux arts citoyens ! De l'éducation artistique en particulier" Jean Michel Djian

    "Medias crisis" de Peter Watkins

    "La télé enchaînée Pour une psychanalyse politique de l'image" Roger Dadoun

  • Le syndrome du Titanic de Jean-Albert Lelièvre et Nicolas Hulot

    Figure médiatique du combat écologiste et initiateur du grenel de l'environnement récent, Nicolas Hulot avait de quoi m'agacer pour certains aspects de son discours sur l'écologie. Non pas que je ne soit pas d'accord avec son combat mais sa médiatisation et sa liaison au consensus avait le don de m'agacer.

    Pourtant, j'ai décidé d'aller voir "Le syndrome du Titanic" pour avoir un avis sur ce film, après "Home". J'espèrais un discours plus interrogatif, moins moralisateur que celui de Yann Arthur Bertrand.

    Résultat troublant et assez convainquant. Ce film est un constat et surtout un questionnement d'un homme qui traverse la planète. Bien sûr, la voix off de Nicolas Hulot parle sans cesse de retour des limites, de partage, de décroissance même. Une idée d'expériences de résistances : simplicité volontaire, limitation du travail et de la productivité, se réapproprier sa propre vie...

    J'ai trouvé le film terriblement angoissant et beau en même temps. Le constat est terrible et se garde en mémoire longtemps après la séance. Pourtant, hélas, les 4 spectateurs présents dans la salle me fait encore penser que ce genre de cinéma "prise de conscience" a encore du mal à concurrencer les films hollywoodiens présentant les appocalypses futures ou contemporaines (par exemple en fiction, les films de Roland Emmerich)...

    Bref, allez le voir pour avoir un avis, généraliste, sur le constat de notre planète malade.

    Ca peut provoquer des changements de modes de vie.

    Barton