15.10.2009

Le syndrome du Titanic de Jean-Albert Lelièvre et Nicolas Hulot

Figure médiatique du combat écologiste et initiateur du grenel de l'environnement récent, Nicolas Hulot avait de quoi m'agacer pour certains aspects de son discours sur l'écologie. Non pas que je ne soit pas d'accord avec son combat mais sa médiatisation et sa liaison au consensus avait le don de m'agacer.

Pourtant, j'ai décidé d'aller voir "Le syndrome du Titanic" pour avoir un avis sur ce film, après "Home". J'espèrais un discours plus interrogatif, moins moralisateur que celui de Yann Arthur Bertrand.

Résultat troublant et assez convainquant. Ce film est un constat et surtout un questionnement d'un homme qui traverse la planète. Bien sûr, la voix off de Nicolas Hulot parle sans cesse de retour des limites, de partage, de décroissance même. Une idée d'expériences de résistances : simplicité volontaire, limitation du travail et de la productivité, se réapproprier sa propre vie...

J'ai trouvé le film terriblement angoissant et beau en même temps. Le constat est terrible et se garde en mémoire longtemps après la séance. Pourtant, hélas, les 4 spectateurs présents dans la salle me fait encore penser que ce genre de cinéma "prise de conscience" a encore du mal à concurrencer les films hollywoodiens présentant les appocalypses futures ou contemporaines (par exemple en fiction, les films de Roland Emmerich)...

Bref, allez le voir pour avoir un avis, généraliste, sur le constat de notre planète malade.

Ca peut provoquer des changements de modes de vie.

Barton

07.06.2009

Departures (Okuribito) de Yojiro Takita

Film sur l'accompagnement vers la mort, "Departures" travaille une temporalité et une beauté juste qui confère à son propos une force dramatique importante. Avec lenteur (le film fait 2h11), nous n'avons pas l'impression de nous ennuyer tant les personnages sont attachants et l'approche du réalisateur poétique, belle et digne. 

La mort et ses rituels restent un "tabou" dans le pays du soleil levant. Surtout depuis que celui-ci est devenu l'un des symboles de l'hypercapitalisme. Pourtant tout le monde meurt et tout le monde a besoin d'y être accompagné pour dépasser ces peurs.

Le dépassement des peurs est un thème central au film. Il confère un "effet de vie" qui en fait un "film de vie" en s'attachant surtout à ces personnages dont la vie consiste à accompagner la mort...

Si "Departures" n'avait pas bénéficier d'un prix du meilleur film étranger, il n'aurais certainement pas été distribué en France. Il est visible au cinéma "Le Majestic" à Lille. Courrez-y.

Barton

22.04.2009

"Dans la brume électrique" de Bertrand Tavernier

Objet curieux et en même temps pas tellement surprenant que Bertrand Tavernier puisse finalement aller tourner un film aux Etats Unis (lui grand admirateur du cinéma américain). "Dans la brume électrique",il voyage en Louisiane suivant les déboires existentiels d'un flics qui enquête sur la mort de jeunes filles. C'est âpre, littéraire dans la structure avec des éléments tirés du livre de James Lee Burke. 

Le film est lent mais crée vraiment une atmosphère particulière. La mise en scène est précise et sans fausse note majeure. L'interprétation de Tommy Lee Jones est juste et forte. Bref, à voir !

Barton 

01.04.2009

24 city de Jia Zang Ke

La chine fait aujourd'hui peur comme un maillon en plein développement d'une croissance mondialisée. Avec le docu-fiction 24 city, Jia Zang Ke montre "l'autre chine". Celle qui a traversé des années de socialisme. Une usine a employé deux générations d'ouvriers sidérurgistes. Tous les ouvriers ont donnés toutes leurs vies pour ce travail qu'ils considéraient comme étant la finalité de leurs vies... Que produisaient-ils ? Des armes.

Et puis, aujourd'hui, on détruit cette usine 420 pour y construire 24 city. Une usine et une ville ultramoderne présentant une technologie de pointe dans l'armement toujours. Mais de nombreux ouvriers sont mis au banc de leur travail.

Conséquence humaine devenue banale de notre économie mondialisée, on constate les conséquences humaines de cette dominance du travail sur les individus. L'idée même de supprimer les identités des sujets humains pour le bénéfice d'un système financier.

La nouvelle génération qui est témoin de ce changement radical, que fait-elle ? Un témoignage d'une jeune femme, très émouvant, touche directement à cette problématique : elle veut travailler dans le commerce, gagner de l'argent à tous prix pour... payer un appartement à ses parents ex-ouvriers dans cette nouvelle structure : 24 city.

Un film courageux écrit, produit et réalisé par l'un des cinéastes chinois les plus prometteurs de sa génération. A voir.

Barton 

25.03.2009

The Wrestler de Darren Aronofsky

Biopic sur un catcheur déçu et grand retour de Mickey Rourke à l'écran. The Wrestler peut être vu comme une oeuvre critique de l'envers du décors des mondes faux et d'apparence du spectacle (le catch et le club de streep-tease). 
Reste qu'ici Darren Aronosky casse l'esthétisme qui le caractérisait fortement dans son film "The Foutain" pour reprendre un fil de ces thèmes et personnages de prédilection : des personnages fragiles dans leurs passions et leurs apparentes forces dans un univers hostile.

Une oeuvre profondément humaine, touchante, indépendante des gros circuits. Un film à voir.

Barton 

27.02.2009

Gran Torino de (et avec) Clint Eastwood

Ce nouveau film de Clint Eastwood mérite bien les bonnes critiques presses et public qui lui sont faites. Dans son classicisme épuré, avec un scénario bien ficelé et toujours une "pâte" (dans la présence et la mise en scène) élégante et classe, Mr Easwood en impose toujours autant (malgré le grand âge).

Un grand Torino qui est un bon film sur les préjugés et un rôle taillé sur mesure pour Mr Eastwood. Incontestablement un film à voir. 

25.01.2009

Séraphine de Martin Provost

Très beau portrait d'une peintre quasi inconnue du début du siècle, "Séraphine" est le genre de cinéma intimiste et touchant qui peut bouleverser. L'interprétation de Yolande Morreau est impressionnante et juste. Sans être dénuée de quelques longueurs, la lenteur du film est intéressante et son propos sur les liens possibles entre l'art et la folie, assez juste.

A voir. 

Et après ? de Gilles Bourdos

Question métaphysique par excellence, la mort a souvent été le sujet du cinéma. Le livre de Guillaume Musso, succès pubic fort de ces dernières années approche la mort à travers le récit d'un jeune homme, fermé et froid qui a failli mourir à 8 ans... mais qui est "revenu".

Le film suit la trame du livre avec l'appuie des images. Sans tenir toutes les promesses qu'il pourrait explorer, la mise en scène s'appuie grandement sur une force des images qui renforce le propos et l'émotion dégagée par l'histoire. L'interprétation des comédiens est bonne et convaincante, surtout de la part de Romain Duris (un peu moins à mon avis avec John Malkovitch).

Film français tourné au Etats Unis (ah le gigantisme de la "grosse pomme" est toujours une grande affaire à filmer!) "Et après" reste un film vivant, convaincant sans être renversant sur un sujet assez rarement vu de cette façon dans le cinéma récent.

A voir. 

28.12.2008

Sous les pavés... "Les plages d'Agnès" !!

Admirateur d'Agnès Varda, gavé par les fêtes, et surtout espérant entre-apercevoir le fameux discret Chris Marker (dont je suis un grand admirateur et qui est un proche d'Agnès.)

Voilà donc de bonnes raisons d'aller porter un regard curieux sur le dernier documentaire d'Agnès Varda. 

Portrait autodocumentaire, qu'elle "cinécrit" (comme elle se plaît à le dire elle-même) dans un subtil mélange entre images de ses films, évocations de sa vie personnelle, photos de voyages ou d'enfance...

Le résultat aurait pû être une nostalgie de vieille femme qui se lamente sur elle-même et sur ces années passées. Mais c'est bien sûr oublier le travail poétique de cette grande admiratrice des collages et jeux de mots (une chose qu'elle partage aussi avec Chris Marker à mon avis)...

Le résultat est jubilatoire, pas rébarbatif et honnête. Une bouffée d'air cinématographique en cette fin 2008 qui est assez monotone. 

C'est une leçon de cinéma, une leçon de liberté et de courage pour faire ses films bien sûr, mais aussi pour toujours voir la vie, comme elle la voit !... du grand art assurément ! du grand cinéma dans son bricolage surréaliste !

Pour ce qui est de Chris Marker, j'ai dû me contenter d'une figurine de son chat "totem" "Guillaume en egypte" qui a cependant une place de choix dans ce récit haut en couleurs... et là où il y a Guillaume-en-Egypte, le film-Marker, n'est pas loin ;-)

Un documentaire d'auteur hautement recommandable pour lutter contre les petites déprimes hivernales ou même les crises les plus graves !

Bricolez mes gens, bricolez !

05.12.2008

Hiver de Mariane Pistone et Gilles Deroo

Une fois n'est pas coutume, je vais parler ici d'un film (très) peu connu, puisqu'il s'agit d'un moyen métrage. 

Le film "Hiver (les grands chats)" a été co-réalisé durant l'hiver 2007 par deux jeunes réalisateurs de la région : Gilles Deroo et Mariane Pistone.

L'avant première a eu lieu au studio national du Fresnoy ce jeudi soir. Après mes cours et mes démarches diverses sur la préparation de "Regards au bord d'un monde" j'y suis allé.

J'ai eu l'occasion de croiser quelques fois Gilles Deroo et d'apprécier quelques uns de ces courts métrages précédents (notamment Chassé croisé). L'écriture de ce nouveau film est audacieuse et juste.

Il s'agit du récit d'un jeune de 18-20 ans dans la rase campagne du Nord. Sa vie entre ennui, retrouvailles régulière de sa jeune copine et recherche d'un travail.

Justesse de l'interprétation non professionnelle du jeune acteur principal, le film marque par sa beauté, son cadrage particulier et son rapport à l'espace. Il y a de la rugosité qui peut faire penser à certains cinéastes belges. Il y a une justesse dans le propos qui n'est cependant pas dénué de certaines longueurs.

Longueurs ou lenteur participant pleinement à l'écriture particulière d'un film audacieux et particulier ? Seule une vision du film pourra déterminer votre choix. Si vous en avez l'occasion, je vous la recommande.

Bon courage à Gilles et Mariane pour suivre maintenant leur film.

Barton 

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