15.10.2009
Atelier "Médias crisis" en cours de développement
Récemment diplômé, j'ai enfin terminé mes études. Mon master "dialogue des arts" obtenu haut la main après une année de travail (mon mémoire a eu la note de 18/20 - moyenne de 15,6 au Master), je relis quelques notes, et pose une nouvelle fois une réflexion sur l'image, le temps et la société d'aujourd'hui.
L'image est partout. C'est presque enfoncer une porte ouverte que de le constater. Pourtant l'image qui détermine dans un temps un regard sur nous-même par un jeu complexe des réflexions et émotions est aussi quelque chose qui s'apprend. Bien plus, l'image est aussi un vecteur de nos comportements. C'est une évidence que la publicité a comprise depuis bien longtemps.
Face à une captation des désirs (comme le précise plus avant le philosophe Bernard Stiegler), le capitalisme a créer un désenchangement du monde en faisant notamment admettre que l'image apparaissait toujours comme "pour elle même", une évidence contemporaine qu'il ne se construit pas, ne véhicule pas de comportements. Une évidence fausse... Elle est permanente et omniprésente. (par les médias notamment), sa compréhension et son analyse est absente de l'espace public.
Or, il y a des écoles (de communication, de cinéma, de journalisme... qui ne font pas toutes le même travail à l'endroit de l'image), il y a une histoire des images, il y a des processus techniques (qui changent aujourd'hui de manière de plus en plus rapide avec notamment la révolution numérique).
Mais bien au-delà, encore en résistance, et presque oublié par le discours ambiant sur les images, il y a des hommes et des femmes, des temps humains, des sensibilités, des temps aussi, voulus comme tels par des "artisans de l'image" parfois bien loin des grandes "industries culturelles" et qui agissent comme l'épicier face au supermarché... Ce sont des photographes, des cinéastes par exemple.
Ils savent que faire une image n'est donc pas quelque chose d'anodin. Et l'image voulu par un homme ou une femme, vécu comme telle, puis exposée au public est une image qui a fait en elle-même un processus de temps pour devenir image, pour advenir à l'oeil. C'est toujours vrai même avec la facilité apparente du numérique aujourd'hui.
Dans mon idée de réintroduire un discours de l'image articulé avec des problèmes contemporains, j'ai construit notamment mes films et notamment mon film "Le phénix" qui dresse le parcours d'individus artistes de l'image. (chacun à sa manière singulière)
L'image comme résultat d'un acte créateur est donc, comme le mot pour l'écrivain, une tentative de résistance à la globalisation par l'affirmation d'un singularité, d'une identité, d'un parcours, d'un goût, bref, d'une sensibilité.
Mais par ailleurs, l'image se construit et s'enseigne. Non pour former directement des artistes mais pour au moins débattre sur la responsabilité citoyenne de l'image.
Face à ces enjeux, les médias me semblent particulièrement responsables.
Aussi, mon diplôme en poche, j'ai lu le livre du cinéaste et critique des médias Peter Watkins : "Médias crisis" et j'en suis arrivé à l'idée qu'il fallait réinventer un atelier autour de la critique des médias. Une chose qui se développe beaucoup sur Internet par certains canaux médiatiques alternatifs mais qui ne trouve encore que très peu d'échos parmis un public plus large.
Comment faire ? J'ai rédigé une proposition d'atelier dans un dossier de quelques pages, (avec biographie et CV) et je me suis présenter devant le maire de ma commune pour proposer de monter un atelier comme intervenant au théâtre du village. (j'ai la chance d'avoir un théâtre dans mon village).
L'élu s'est montré intéressé de l'initiative mais s'est retranché derrière le fait que le théâtre est en rénovation en 2009-2010 et qu'un tel atelier, s'il serait possible, ne pourrait se mettre en place qu'à partir de septembre 2010.
Patient, j'ai été renvoyé à mon idée, avec pourtant un regard sérieux sur mon dossier et une promesse de "débloquer des fonds" pour une initiative avant tout citoyenne de volonté de présenter des débats et des réflexions critiques sur les médias dominants aujourd'hui.
L'affaire est à suivre...
Quelques références bibliographiques sur l'image, les comportements, la télévision :
"Prendre soin de la jeunesse et des générations" Bernard Stiegler
"Scénarios du réel" Tome 1 et 2 Gérard Leblanc
"Aux arts citoyens ! De l'éducation artistique en particulier" Jean Michel Djian
"Medias crisis" de Peter Watkins
"La télé enchaînée Pour une psychanalyse politique de l'image" Roger Dadoun
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07.07.2009
Plonge dans une image
Plonge dans une image jusqu'à t'y perdre
Au-delà de tous discours, de tous mots
Soit dans cette image comme dans une projection de toi-même
Aborde cette vision de toi comme le ressort le plus intime de ton âme
Soit dans cette image comme dans un moment pur
Et vas, loin, conquérant où te mènera l'image de toi que tu auras dépassé...
20:23 Publié dans Textes poétiques et réflexions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.01.2009
Corps et ombres
Corps exangue
Morceaux de chair et souffle
Que peut-tu nous apprendre sur le sens de cette folie ?
Que peut-tu voir, toi qui est au seuil ?
Que peut-tu croire après une vie passée ?
Avec pour simple force, ta grandissante fragilité...
Tu nous apprend sans doute... la porte traversée
Que la vie souffrante que nous avons crû traverser
N'est qu'un leure, une chimère, une cage dorée
Tu nous apprend à la vivre, la vie, simple, sobre, conquérante
Avec plus de clarté pour toutes nos âmes errantes
Tu nous apprends que là, justement, dans l'instant, le temps s'enroule
Que nous ne savons rien de cette vie qui s'écoule
Tu nous apprends à en voir en chaque moment
Toute les joies profondes, de l'échange, de l'instant
Tu nous apprend peut être à être encore humain
Quand nos routes de vitesse prennent le temps du chemin
Tu nous apprend que nous ne savons rien
Du hauts de nos savoirs, de nos discours certains
Tu nous apprends justement à mieux appréhender
Cette route de nos combats, de nos fragilités
Une route si belle où nous voudrons rester.
22:09 Publié dans Textes poétiques et réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.11.2008
De cette terre
De cette terre, je fouille
De cette terre de labeurs, de souffrances et de joies
Je fouille le sol de mes mains écorchées
A travers cette terre aujourd’hui désertée
Et du profond de mon errance
Sur cette terre je trouve ma chance
Celle des regards, des coeurs et des combats
Celle qui nous dépasse, celle qui ne triche pas
Celle qui est au-delà de moi-même
Dépassant et détruisant mon corps
Celle de l’étreinte éternelle
Celle qui dépasse la mort
Cette terre on l’appelle
Désir et volonté
Deux mots si commun et si frêles
Qu’on en oublie le signifié
Ces mots si simples s’appellent
Amour et solidarité
12:31 Publié dans Textes poétiques et réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.11.2008
le pacte fragile
Bonjour à tous et toutes, visiteur (ses) de ce blog. J'ai décidé ici de publier un extrait d'un texte que j'ai écrit pendant mes tournage et qui, aujourd'hui, me semble intéressant de donner ici. C'est un extrait d'une réflexion plus poussée qui me semble fondamentale dans ma démarche artistique.
J'espère que pour les visiteurs virtuels de cette page, elle aura un intérêt.
Barton
"Quand le cinéma s’invente avec son public, il peut à ce moment s’inventer son public. Enfin pour moi c’est plus facile à dire qu’à faire. Et puis est-ce bien possible encore quand le travail de film documentaire se trouve la plupart du temps phagocité par la télévision ? Nous voilà condamnés à devoir mettre entre parenthèses le dispositif de monstration ou plutôt penser à une hypothétique et allégorique “salle de cinéma- salle de classe-salle de séjour-chambre à coucher”. A mettre entre parenthèse son support (pellicule, vidéo, numérique). Seule réponse honorable : espérer le public (je ne parle pas d’audimat), le penser par évocation personnelle du rituel cinématographique. Pour moi là est l’usage actuel du documentaire : je veux dire celui qui commande sa nécessité. Cette résistance à l’environnement devient un des objets du cinéma, du fait même de l’utilisation du désir de cinéma par la télévision. Mettre en scène la résistance à l’environnement médiatique et ses normes, ses codes et ses clichés ; la faire partager dès l’élaboration du film (sans complaisance à l’autre, le filmé), comme une nécessaire contagion. C’est ce qui m’a séduit dans la démarche obligée de documentariste photographe. Obligée par le marché. Obligée plus sûrement par les incessants va-et-vient entre les lieux où je photographie, les lieux où je filme, les lieux où je montres, et très souvent aux photographiés ou les filmés directement. La photo et le film comme cosmogonie portative, mais concrètement. Car je vois dans cet aveu de transformation comme une évidence conquise sur tes propres réserves : l’oeuvre et ses réserves."
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06.10.2008
ils...
Ils ont vu leur monde exploser
Et nous, nous l’avions deviner
Ils ont vu les banques s’acharner
Les pouvoirs divaguer
Nous ici, simplement autour
On était loin de ces vautours
Amoureux d’une vie de détours
D’une vie d’amours et de mélancolie
Une liberté perçue comme la plus grande folie
Repartis sur les routes du monde
A la quête de ceux qui dépassent l’immonde
Il nous faudra voir aux delà de nos doutes
Aux delà des souffrances et des tristes printemps
Ils nous faudra franchir de nouvelles grandes routes
Et pour cela qu’importe le flot de nos temps
Les poches vides mais le coeur plein
Conquérir le coeur des femmes par nos mains
Pour espérer enfin une autre destinée
Un autre monde possible où nous voudront rester.
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04.10.2008
Le chat
Il est là, il rôde
C’est un être malin
Il est là et il rôde
A travers les chemins
Et pourtant de son territoire
Il fait tour quotidien
Dans l’espoir d’y voir
Son autre féminin.
Il ne cherche qu’à trouver
Une porte ou un couloir
Une fenêtre mal fermée
Un autre de ses dortoirs
Alors il vient chaque fois
Se blottir contre moi
Un acte séducteur
qu’il peut faire à toute heure
Il retrouve son assiette
Il la mange goulûment
Comme un effort de tête
Un devoir récurent
Dormir sur une chaise
Dormir au creux d’un toit
Une nouvelle sieste bleue
L’entraînera aux cieux
Il n’a que faire d’eux
Lorsqu’il vient se blottir
Au creux de mes genoux
Sa tête, son sourire.
Sans effort du tout
Il vient pour s’y laver
Ou bien manger mon pull
Le paresseux est né
Sans le moindre scrupule
Et ce paresseux là
On le nomme le chat.
19:14 Publié dans Textes poétiques et réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.08.2008
Citation
Les beaux films sont construits en photographie et en ciel.
J'appelle ciel d'une image, sa portée morale qui est pourquoi elle a été conçue.
Le cinéma n'est pas un accident dans l'histoire, c'est un destin.
"La seule philosophie dont on puisse encore assumer la responsabilité face à la désespérance serait la tentative de considérer toutes les choses telles qu'elles se présentent du point de vue de la rédemption". (Adorno, Minima moralia)
15:21 Publié dans Textes poétiques et réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La route à faire ?
Vas y court court mon vieux,
Moi je te regarde courir
Courir après sa survie
Courir après ta vie
Comme le jour où tu l’aura oubliée
Comme le jour où le temps sera passé
Et que tu aura oublié
Que les autres ne t’ont pas rattrapés
Parce qu’on est tous enfermés dans nos cases
Où le temps s’écoule si vite qu’on oublie nos histoires
Parce qu’on cherchent simplement à s’aimer dans un monde détruit
Et que dans nos temps perdus, on ne sait même plus pourquoi on vit
On se révolte, on craque, on hurle
Et le lendemain on oublie...
En dedans en dehors, jusqu’au sang, comme la mort
Seul un paysage m’apaise
Comme la sueur comme la mer
Je ne suis déjà plus un corps
J’ai perdu toute existence et car tant m’efface.
Comme une ardoise qu’on écrase
Ici, où on passe tous nos vies devant des écrans
A chercher l’amour, le pouvoir ou l’argent...
Après tout, de quoi on rêve aujourd’hui quand on a 20 ans ?
Belle voiture, belle femme et enfants ?
Non. dernier jeu, dernier rêve, dernier monde fabriqué
Juste un jouet dans lequel on puisse se noyer
Juste pour le plaisir de s’y oublier
Les rêves de nos parents ne sont plus les nôtres.
Pour nous, il n’y a que sang, bière et fumées
Comme les briquets, les vers qu’on a dans la tête...
Enfant d’un génération perdue
Dans mes rêves d’ici comme d’autres
Je t’ai reconnue
Toi, perdue dans des temps autres
Tu me garde à vue
Tu me donne une histoire autre
Que celle que j’ai vécue
Car au fond, comme vous, comme d’autres
Je suis un perdu
Avec chaque jours tant à faire
Que j’oublie un peu ce mystère
Le mystère de la vie
Le mystère de la route à faire
Et pourtant, et pourtant
Je la fait
Barton
15:10 Publié dans Textes poétiques et réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.07.2008
Paysages
Paysages paisibles ou désolés.
Paysages de la route de la vie plutôt que de la surface de la Terre.
Paysages du temps qui coule lentement, presque immobile et parfois presque en arrière.
Paysages des lambeaux, des nerfs lacérés, des "saudades".
Paysages pour couvrir les plaies, l'acier, l'éclat, le mal, l'époque, la corde au cou, la mobilisation.
Paysages pour abolir les cris.
Paysages comme on se tire un drap sur la tête.
Barton
12:09 Publié dans Textes poétiques et réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
